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Église Saint-Jean-Baptiste de WattwillerCarte
Route/rue:
Rue de l'Église
Code postal:
68700
Localité/ville:
WATTWILLER
Dép./région:
68
Pays:
Pays: fr

Description

Classée monument historique (arrêté du 12 août 1920)

Aspects extérieurs

Église vue de trois-quarts
Église St Jean-Baptiste
Façade nord

Vue du côté nord (côté de la Mairie), l’église de Wattwiller dévoile sa façade qu'on pourrait qualifier d'«historique» avec, de gauche à droite :

La chapelle « Saint-Sébastien » des XIIIe et XIVe siècles, dédiée à la confrérie des archers de Wattwiller (qui allaient s'entraîner au lieu-dit « Schützenrain »). Le mur nord de ladite chapelle montre une meurtrière à motif trilobé du xiiie siècle L’intérieur de la chapelle a retrouvé lors des travaux de restauration de 1980 sa configuration du xiiie siècle, avec les colonnes en pierre taillée datées de cette époque et une belle grille en fer forgé de 1980.

À la base de la chapelle St Sébastien, nous retrouvons, toujours à l’extérieur, la maçonnerie romane et à la base des contreforts actuels, en élévation, les contreforts romans de l’église romane primitive, dans la partie volontairement excavée du cimetière (« Kerchhof ») nord.

Fenêtre géminée romane

On voit également, protégée par une grille, une rare fenêtre géminée romane d’Alsace, de structure primitive, dégagée aux fouilles de 1978. Cette fenêtre géminée donne à l’intérieur sur ce qui servait d’ossuaire au cimetière entourant l’église avant 1852.

Dans cet « ossuaire » à voûte romane se trouvait la tombe d’un adolescent au cercueil cerclé de fer suivant la coutume mortuaire du milieu du xiiie siècle À gauche de cette fenêtre géminée romane, se trouve une porte d’entrée gothique, donnant sur une crypte gothique qui recèle encore des tombes sous un dallage du xviiie siècle et des départs de voûtes du xive siècle Cette crypte présente des traces de peintures d’avant 1914-18 et surtout, point historique majeur, un pan de l’abside semi-circulaire du chœur de l’église primitive, « mérovingienne » (450 à 750 après JC), alors que l’actuelle est gothique. Cette crypte et la chapelle construite par-dessus étaient à l'origine réservées aux nobles « De Wattwiller ». Plus tard, c'est la première travée du bas côté sud qui devient la chapelle privée des nobles en prenant le nom de « chapelle des Gohr », derniers nobles de Wattwiller dont la lignée s’est éteinte entre les deux guerres.

À l’angle gauche de cette façade nord de l’église,

Fenêtre gothique paire.

en se dirigeant vers les magnifiques pans du chœur gothique actuel, on trouve à la base de la façade Est une fenêtre géminée gothique aux fines ogives.

Il existe une importante différence de niveau entre la base de l’église actuelle, de l’église romane (supposée mérovingienne) et la cour du château d’Aboville située en contrebas et dont le style pays de Loire date de la reconstruction après 1918.

Sur la droite de cette belle façade nord on découvre également les niveaux équilibrés de la nef et du clocher, les lignes verticales des contreforts et des fenêtres gothiques, et le rappel du roman par les fenêtres rondes de type «oculi» (c.à.d « les yeux », du latin oculus) qui couronnent la nef de perles scintillantes que le soleil levant et couchant vient allumer. Là se trouve l’entrée de l’église la plus usitée, quoique au nord, et dont l’accès se fait par une espace occupé autrefois par un cimetière et des maisons et dont les restes sont enfouis sous le gravier rose. Accolée à cette entrée, la chapelle nord dite « des femmes » (« Wiwerkapall »), encore en service dans les années 1950 fut construite en 1852 en même temps que la chapelle sud dite « des hommes »(« Mannerkapall). Elles sont situées en flanquement de la tour massive du clocher à bâtière typiquement alsacien, conformément au vœu d’agrandissement du curé J.J. Spahr (W.1842-1855) et surtout grâce à ses dons personnels (sa tombe au cimetière est représentée par une dalle devant la croix centrale).

Déjà souhaité par nombre de ses prédécesseurs, l’agrandissement de l’église put être réalisé par le curé Spahr, après que Napoléon eut édicté l’obligation de sortir les cimetières hors les murs pour des raisons d’hygiène et pour répondre à l’accroissement des populations.

Le clocher, la nouvelle toiture et les cadrans rénovés de l'horloge
Le clocher, la nouvelle toiture et les cadrans rénovés de l'horloge.
Façade ouest, le clocher

Le clocher de l’église est à l’image des clochers rhénans, massifs, à cinq étages, toiture en bâtière, adaptée au bon écoulement de la neige et de la pluie.

Sur une grosse pierre de taille du grand portail gothique est gravée la date de 1481, en chiffres alémaniques (alamans), propre au couloir rhénan (Alsace et Pays de Bade en particulier : le 4 est un 8 entr’ouvert à la base).

1481, l'année de la reconstruction
1481, l'année de la reconstruction

Cette date correspond à la réfection du clocher après les destructions de la guerre de 100 ans (Pâques 1444).

Cette reconstruction se fit sous le curé ANEWILR (1481-1489). La date de 1489, inscrite sur le mur Est à l’intérieur de la sacristie, marque la fin des travaux, en particulier la transformation du chœur roman en chœur gothique, de même que l'édification des bas-côté nord et sud. En réalité, tour, nef, et bas-côté, (à l'exception deses chapelles du clocher), remontent aux années 1220-1230, soit au début du xiiie siècle.

Façade sud (coté Uffholtz)

La façade sud de l’église présente un équilibre quasi parfait, au pied du château « jaune », anciennement « Weckenberg », appartenant aux descendants des De Reinach et reconstruit après 1914-18) ; Cette façade sud reposerait sur des fondations romaines (voir livret Riether p. 47). La sacristie actuelle la prolonge au sud-est. Une sacristie se trouvait à l’origine du coté nord à l'emplacement actuel de la chapelle St Sébastion. Les fenêtres du bas-côté sud possèdent des croisillons en pierre taillée, contrairement à celles du bas-côté nord. Les quatre « oculi » au haut de la façade rappellent l’origine romane de l’édifice. Deux portes se trouvaient à l’origine sur cette façade ; elles furent occultées par la sacristie et le 4e vitrail. Cette façade sud se trouvait non loin des remparts sud de la ville, où se situait également le moulin.

Façade est

En partie caché par l’actuel château « de la Loire », appartenant aux descendants du comte d’Aboville, le corps de bâtiment Est de l’église s’avance comme la proue d’un navire vers le soleil levant. La crête du chœur gothique, celle de la longue nef et la ligne verticale du clocher donnent à l'édifice son harmonie architecturale . Les vitraux du chœur, d’inégale largeur et d’une hauteur élégante, témoignent du passage au gothique tardif (1489). La découpe des pierres de taille en grès rose, effectuée par sciage, trahit la réfection des parties hautes après 1918.

Aspects intérieurs

L'intérieur de l'édifice présente les ensembles suivants : dans l'axe du portail gothique : la nef centrale romane et le chœur gothique; du côté nord, l'élévation du xiiie siècle sur la voûte de la crypte; de part et d'autre, les deux bas-côtés gothiques; aux quatre angles, les trois "chapelles" et la sacristie déjà mentionnées.

Nef centrale

Elle est séparée des deux bas-côtés par des arcades romanes reposant sur des piliers rectangulaires et dont le niveau inférieur s'ouvre largement sur les bas-côtés. Les murs du niveau supérieur, qui reçoivent la lumière naturelle par les oculi, sont décorés de fresques des principaux saints vénérés en Alsace (Ste Odile, St Arbogast, etc...). Au fond de l'église, la tribune supporte l’orgue Joseph RINCKENBACH opus 190 de 1928. C’est un instrument à traction pneumatique à 24 jeux d'orgue sur deux claviers manuels et un pédalier : ce qui représente 1580 tuyaux de toutes tailles et des kilomètres de conduites en plomb.

Choeur

Éclairé par trois hautes fenêtres gothiques, le chœur présente une rehausse du maître-autel sous la forme d’un retable en bois polychrome. L’ouvrage raconte la vie de saint Jean-Baptiste en quatre tableaux. Il fut payé par souscription pour marquer le passage du XIXe au XXe siècle et sa réalisation confiée aux ateliers d’art religieux Théophile Klem de Colmar.

Le retable en bois polychrome
Le retable en bois polychrome

Panneaux déployés, le retable se lit de droite à gauche, comme les livres orientaux:

Le premier panneau relate la circoncision de Jean au temple pendant que Zacharie écrit son nom sur une tablette (« Joannes est nomen ejus »). Le 2e relate la prédication de Jean dans le désert : « Préparez les chemins du Seigneur » (« Parate viam Domini »). Le 3e relate la rencontre de Jean et de Jésus au Jourdain : « Voici l’Agneau de Dieu » (« Ecce Agnus Dei »). Le 4e relate le martyre de Jean dans la prison d’Hérode à cause d’une promesse inconsidérée de ce dernier à sa fille. On lui fit subir la décollation. (« Decollavit Joannem »).

Bas-côté nord

La première travée du bas-côté nord est en surélévation par rapport au niveau de la nef. Entourée d'une grille en fer forgé, cette rehausse se trouve au-dessus de la crypte du xiiiee siècle. Elle communique avec la petite chapelle St Sébastien attenante au chœur. Quant au niveau inférieur, à savoir la crypte et son prolongement sous la chapelle, ils ont fait l'objet de travaux d'excavation et de déblaiement en 1979-80 , ce qui a permis de remettre au jour les ouvertures vers l'extérieur (fenêtres et porte) de cette partie semi-souterraine.

Bas-côté sud
Dalle funéraire d'Anna de Wattwiller
Le soleil à travers un vitrail éclaire le gisant d'Anna de Wattwiller

Dans la première travée du bas-côté sud se trouve la dalle funéraire d'Anna de Wattwiller, ainsi que deux fresques murales du xve siècle.

Anna von Watweiler était l'épouse du bailli chevalier Rudolf, prévôt de Wattwiller. Elle décéda le 2 août 1344 et fut inhumée dans cette chapelle. La dalle est travaillée avec art et les détails sont rendus avec soin. La gisante tient en ses mains un chapelet fait de 50 écailles de poisson. Sa tête est entourée des blasons des nobles de Wattwiller (3 losanges = « Wecken » en allemand dialectal) et de Bollwiller (3 V). La dalle a été placée dans sa niche d’origine en décembre 1987, pied au mur comme en 1344, face à l'enfeu gothique décorée d'une fresque du 15e S représentant le Christ au Mont des Oliviers.

La deuxième fresque de la même époque occupe l'enfeu en plein cintre ménagé dans le mur du bas-côté sud. Le peintre a représenté la résurrection du Christ dans un style qui laisse apparaître des traits naïfs et des erreurs de perspective. Les donateurs de l'œuvre y figurent en bonne place : Rodolphe de Wattwiller, fils du précédent, conseiller du duc d'Autriche, bailli d'Ensisheim, ayant commandé les troupes de Haute-Alsace à la bataille de Morat/Murten contre Charles le Téméraire (1476); à ses côtés, son épouse Barbe de Hallwyl (Barbara von Hallwyl) et les huit enfants du couple.

Dans l’enfeu roman de la 2e travée sud, se trouve la Pietà du xviiie siècle, retirée du 3e oratoire du chemin des pèlerins menant à Thierenbach. Elle a été restaurée par un artiste-peintre de Soultz, Louis Wiederkehr (1925-2010), qui a également œuvré en la basilique Notre-Dame de Thierenbach.

 

Source: Wikipedia

  
 
Date Titre Lieu Ville
17.07.2012 WATTWILLER - concert des stagiaires de l'académie d'orgue d'ISSENHEIM Église Saint-Jean-Baptiste de Wattwiller WATTWILLER


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