Les journées de l'orgue en Alsace 
du 12 au 16 mai 2010
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Baroques et Barbaroques

Extrait du DNA du 18/05/2010

Le festival Découvertes des Orgues d'Alsace s'est déplacé du sud au nord de la région, et samedi y fut une journée strasbourgeoise, avec, en particulier, des récitals de Christophe Mantoux.


A l'église Saint-Thomas, Christophe Mantoux a présenté les sonorités de l'orgue construit en 1741 par Jean-André Silbermann, qui venait de succéder à son père André, lequel avait ramené de Paris en Alsace un modèle français sou- cieux du coloris et de l'ornementation. Démonstration lumi- neuse à travers des pièces de Nicolas de Grigny, dont le jeune Bach avait copié la Messe d'orgue, de François Couperin, dont il avait utilisé une aria, et de Marchand, avec lequel Bach devait, d'après la légende, se mesurer dans un concours musical auquel le Français s'est dérobé. Profondeur du relief sonore chez le premier, élégance chez le second, plus de clinquant dans le grand jeu du troisième.

Au temple réformé du Bouclier, l'orgue Thomas inauguré en 2007 a été conçu selon le style des orgues de Thuringe que pouvait avoir connu Bach au début du XVIII siècle, plus riches en jeux de fond, et Christophe Mantoux imposa là aussi, ensuite, et au service de Jean-Sébastien Bach, un art consommé et persuasif.

Et le soir au Temple Neuf, ces Journées de l'Orgue offraient savoureuse digression, en compagnie de l'Ensemble Les Barbaroques et de leur invité Henri Demarquette. On n'attendait certes pas, en ces Journées, l'orgue de barbarie dans un festival consacré à l'orgue classique, mais Gilles Oltz, l'un des responsables du festival, tenait à ce coup de coeur l'orgue mécanique était associé ici au tympanon, au bandonéon et à la contrebasse, et en invitant le violoncelliste Henri Demarquette, Les Barbaroques ont ainsi pu inscrire à leur soirée un concerto de Vivaldi ou le célèbre Concerto en do majeur de Haydn, la sonate Arpeggione de Schubert n'y perdant quant à elle rien de sa grandeur.

Accord intelligent et entente parfaite entre Demarquette dont et l'orgue de Patrick Mathis, le bandonéon d'Alain Territo, le tympanon de Gilles Raymond et la contrebasse de Didier Capelle. Seule concession à la musique de genre, le Grand tango de Piazzola, où Demarquette sembla improviser sa partie. Mais partie gagnée là aussi pour les Barbaroques et leur bril- lant partenaire.

Marc Munch


DNA20100518_Baroques_et_Barbaroques
 

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