STRASBOURG / JOURNÉES DE L’ORGUE EN ALSACE
Extrait du DNA du Dimanche 16 mai 2010
Plein jeu du choeur à la nef

Pascal Reber, l’un des trois organistes titulaires, au clavier du grand orgue, suspendu dans la nef de la cathédrale. (Photos DNA – Jean- Christophe Dorn)
Plus d’une centaine de visiteurs se sont pressés hier pour découvrir et surtout écouter l’orgue de choeur et le grand orgue de la cathédrale de Strasbourg. Une première, organisée à l’occasion des journées de l’orgue en Alsace.
« C’est pour voir l’orgue de la cathédrale... » « Oui, mais lequel ? » Plusieurs visiteurs ont dû s’entendre répondre la même boutade hier. De fait, la visite organisée par l’association « Découverte des orgues d’Alsace » dans le cadre des journées dédiées au même instrument prévoyait non pas une visite, mais une découverte musicale de deux des trois instruments (*) que compte la cathédrale.
«Un rôle de commentaire musical »
L’un se cache dans le côté gauche du choeur depuis 1352. L’instrument actuel date de 1878. Le groupe de plus d’une centaine de curieux a pu prendre place derrière l’autel pour écouter Yvonne Monceau, l’une des deux organistes titulaire de l’instrument, jouer la retranscription d’un concerto de Vivaldi, du Mendelssohn ou encore du Schumann, chaque morceau soulignant l’un des aspects de l’instrument. L’autre, majestueux, fut installé en nid d’hirondelle dans la nef. Si on a retrouvé la trace d’un premier instrument au Moyen Age, l’actuel a été reconstruit en 1981 par Alfred Kern, mais doit son buffet à Frédéric Krebs (1491) et une grande partie de ses tuyaux à Silbermann (1716). « Tandis que l’orgue de choeur accompagne l’assemblée lors des liturgies dominicales, le grand orgue a un rôle de commentaire musical », explique Damien Simon, l’un des trois organistes titulaires du grand orgue. Il est utilisé plus rarement. Alors que Pascal Reber, également organiste titulaire, interprétait les sonorités des trois grandes époques marquant – pour faire simple – la vie du grand orgue, des visiteurs de la cathédrale, surpris par la mélodie, ont levé la tête vers l’instrument, tiré de la pénombre. Surpris sans doute qu’on puisse improviser sur le thème de « Frère Jacques » avec un instrument à l’allure aussi gothique... A.G.
(*) Le troisième orgue se trouve dans la crypte.

Le groupe entoure Yvonne Monceau, l’une des titulaires de l’orgue de choeur.